08/06/2007

Page de mon enfance

Fils unique jusqu'à onze ans, ma mère avait perdu un enfant quelques mois après sa naissance. Un frère que je n'ai pas eu l'occasion de connaître étant donné qu'il y avait qu'une année entre lui et moi. Nous habitions un vieux immeuble en pleine cité industrielle ou la métallurgie et le textile se côtoyaient. Nos fabriques se remplissaient se vidaient à des heures ponctuelles et régulières d'ouvriers et d'ouvrières aux gestes conventionnels et stéréotypés. Notre voisine de palier une femme du même âge que mes parents avait deux filles qui ne connaissait point leur père, l'une plus jeune que moi l'autre plus âgée, nous devenions amis car nous avions besoin les uns des autres. Faubourg aux magasins rustiques, ses bistrots, ses cafés à la télévision allumée, que nous les jeunes lorgnions à travers les vitrines trop étroites. Dans les cours retirées se débattaient des volailles, poules, pintades, canards, quelques clapiers abritaient des lapins bien dissimulés dans leur tas de foin. Au centre accès à tous, les bains municipaux, nos appartements n'avaient pas de salle d'eau. Les rues s'animaient tard le soir. Les réverbères éclairaient nos trottoirs. A partir de mai les habitants veillaient, jouaient aux cartes derrière les nombreuses palissades qui nous séparaient. La rue était attirante. Les familles confondues par les générations se rassemblaient joyeusement. Ce fut naturel pour moi, d'être l'enfant unique de mes parents.

Partager le passé peut enrichir le présent par nos expériences.

11:09 Écrit par Patrick dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

L'enfance est le creuset de l'adulte de ce que nous sommes!

Écrit par : Nadette | 10/06/2007

Merci d'être passé sur mon blog et de m'avoir laissé de petits cailloux blancs.
Je suis d'accord avec toi. Partager le passé est une vraie richesse pour notre présent et pour celui de ceux qui savent accueillir.
Au plaisir de te lire.

Écrit par : Benoit | 06/07/2007

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